Serge-Henri Rodin

septembre 22, 2017

« Lors de notre visite à l’université d’Antananarivo, nous nous sommes entretenus avec Serge-Henri Rodin, un professeur chercheur d’université à la Faculté de lettres et responsable de la formation en médiation culturelle. Grâce à lui, nous avons bénéficié d’une mise en contexte particulièrement passionnante de Madagascar, ses identités, ses contradictions, ses héritages ainsi que la complexité de son insularité.

Lorsque le Professeur Rodin entame son premier cours de médiation culturelle en début d’année, son introduction porte sur le rapport entre la religion et la culture. Car en effet, à Madagascar, l’un ne va pas sans l’autre et la religiosité du pays est très prononcée. D’ailleurs, tous les ans, il envoie ses premières années en voyage d’études. Répartis en petits groupes, les jeunes etudiants partent à la campagne pour étudier le terrain et notamment les institutions religieuses présentes. Ils sont ainsi confrontés à une vie en communauté avec des jeunes qu’ils ne connaissent pas, mais aussi à la découverte d’une réalité qui n’est pas la leur. A leur retour, ils sont tenus de rédiger un rapport sur la culture du lieu, les pratiques, les coutumes et système valeurs sur lequel il se fonde.
Alors même que le pays dans lequel il vit se construit encore autour de sa culture religieuse, le Professeur Rodin, ne souhaite pas être rangé dans une quelconque communauté. S’il a bien une spiritualité, le mot de Dieu ne lui convient pas. D’ailleurs, en ce qui le concerne, il n’aime pas tellement aborder le sujet, préférant voir la religion comme un sujet d’étude culturel que comme un élément constitutif de sa personne.

Colloques de linguistique, religion, culture et identité, Serge-Henri Rondin est également membre de l’Académie Malgache. À 68 ans, il devrait déjà être hors des circuits universitaires, et pourtant il continue la transmission de bons savoirs, pour le plus grand bonheur de ses élèves ! »