PortraitsSaison 5

Former les fonctionnaires et les séminaristes au dialogue interreligieux

Portrait

À l’Instituto Mexicano de Doctrina Social Cristiana (IMDOSOC), Karen est théologienne et chercheuse sur la diversité religieuse et les actions des mouvements interreligieux au Mexique. Son étude, intitulée “Dignidad y religiones”, l’a amenée à interroger comment des personnes de différentes religions considèrent les personnes des autres religions et ce qu’elles pensent de leurs relations.

En 2012, Karen organise son premier séminaire sur le dialogue interreligieux en Amérique latine et le reconduit chaque année à l’université catholique de théologie. Les étudiants sont des séminaristes de différentes congrégations catholiques, originaires de tous les continents, et beaucoup ont vécu des expériences interreligieuses dans leurs propres familles. Certains choisissent ensuite cette thématique comme sujet de thèse, que Karen tutore. La théologienne aime commencer la formation par une visite du Musée de la Mémoire et de la Tolérance au Mexique, créé par la communauté juive, et qui sensibilise à la responsabilité et au respect qui mènent à l’action sociale. Elle propose aussi des visites de différentes communautés religieuses et de lieux de culte ainsi que des conférences pour impliquer les étudiants au-delà de la lecture théologique.

Il y a 2 ans, Karen était aussi chargée de concevoir la stratégie et la promotion de la journée internationale de la paix le 21 septembre à Mexico City. Elle nous décrit :

  • une exposition de photos de personnes de la société civile et de leaders religieux que l’on voit agir ensemble pour la paix,
  • un espace où des textes sacrés de chaque religion et spiritualité qui parlent de la paix sent lus par des fidèles dans leur langue maternelle,
  • un panel de discussion autour d’initiatives pour la paix.

Grâce à ce type d’événement, il est important pour elle que les fonctionnaires connaissent mieux la diversité de leur pays et puissent mieux appréhender la liberté religieuse.

Contexte

“L’inter-religieux/convictionnel/culturel etc donne la chance de connaître les autres et de s’élever. Les différences ne sont pas un danger mais une opportunité.”

Karen nous a expliqué que si la majorité des Mexicains et Mexicaines se définit comme catholique, la diversité religieuse augmente et la jeune génération y est plus ouverte. Cependant, la plupart des personnes n’y sont pas confrontées. Elle mentionne une étude récente où 40% des jeunes interrogés ne souhaitent pas partager une chambre ou un appartement avec une personne d’une autre religion ou conviction. D’après elle, les discriminations sont peu visibles au Mexique et elles sont souvent liées au genre.

La chercheuse nous rappelle les tensions qui subsistent sur la laïcité : “Si une personne a un régime alimentaire lié à sa religion, ce n’est pas un caprice, c’est un droit. Vous avez le droit d’être différent dans votre façon de vivre. Je pense donc que c’est un très grand défi que nous avons ici au Mexique et dans beaucoup de pays.” Karen évoque aussi les difficultés des peuples autochtones qui ne parlent pas espagnol ou n’ont pas accès à leurs droits et dont la spiritualité est considérée différemment des autres religions.

“Les challenges ne sont pas seulement entre les religions mais au sein des religions.” Karen cite par exemple les enjeux au sujet des femmes qui ne peuvent pas être leaders, les relations entre les différentes Églises chrétiennes ou certains leaders chrétiens qui ne veulent avoir de contact qu’avec les religions représentatives et officielles et pas avec les minorités. “Les religions ont un but spécifique : promouvoir la paix, la dignité et les droits humains. Dans l’interconvictionnel est apportée cette culture commune. Enfin, c’est aussi une façon de se connaître, de travailler ensemble.” Karen est passionnée et nous a beaucoup encouragées à poursuivre notre mission !


Portrait

In 2012, Karen organized her first seminar on interreligious dialogue in Latin America and has been conducting it annually at the Catholic University of Theology. The students are seminarians from different Catholic congregations, from all continents, and many have had interfaith experiences in their own families. Some then choose this theme as the subject of their thesis, which Karen mentors. The theologian likes to begin the formation with a visit to the Museum of Memory and Tolerance in Mexico, created by the Jewish community, which raises awareness of the responsibility and respect that lead to social action. It also offers visits to different religious communities and places of worship as well as lectures to engage students beyond theological reading.

Two years ago, Karen was also responsible for designing the strategy and promotion of the International Day of Peace on September 21 in Mexico City. She describes:

  • a photo exhibit of people from civil society and religious leaders seen acting together for peace,
  • a space where sacred texts from each religion and spirituality that speak of peace are read by the faithful in their native language
  • a panel discussion on peace initiatives.
    Through this type of event, it is important for her that civil servants know more about the diversity of their country and can better understand religious freedom

Contexte

“Inter-religious/convictional/cultural etc gives the chance to know others and to rise. Differences are not a danger but an opportunity.”

Karen explained to us that while the majority of Mexicans define themselves as Catholic, religious diversity is increasing and the younger generation is more open to it. However, most people are not confronted with it. She mentions a recent study where 40% of the young people surveyed do not want to share a room or an apartment with a person of another religion or belief. According to her, discrimination is not very visible in Mexico and it is often related to gender.

The researcher reminds us of the tensions that remain over secularism: “If a person has a diet related to their religion, it’s not a whim, it’s a right. You have the right to be different in the way you live. So I think that’s a very big challenge that we have here in Mexico and in many countries.” Karen also discusses the challenges of indigenous peoples who do not speak Spanish or have access to their rights and whose spirituality is viewed differently than other religions. “The challenges are not just between religions but within religions.” Karen cites, for example, issues about women not being able to be leaders, relationships between different Christian churches, or some Christian leaders who only want to have contact with representative and official religions and not with minorities.

🧡 “Religions have a specific purpose: to promote peace, dignity and human rights. In the interconvictional is brought this common culture. Finally, it is also a way to get to know each other, to work together.” Karen is passionate and has been very encouraging to us to continue our mission!

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