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JournalSaison 4

Le prix de l’esclavage

Après avoir englouti un ennième déjeuner « gastronomique » (à base de tomates et concombres, boîtes de ravioli froids, haricots rouges, ou thon en miette), on a filé en direction de l’Alliance Française où on avait rendez-vous avec Pierre.

On lui a posé une tonne de questions sur la Jamaïque, son pays d’adoption depuis 40 ans. Il nous a partagé son point de vue d’agnostique dans un pays très largement chrétien. On a parlé de la culture foisonante de cette petite île des Caraïbes qui a contaminé le monde entier (on pense notamment au reggae). Et au milieu de tout ça, il nous a donné des clés pour comprendre la violence qui sévit en Jamaïque.

La violence existe sous différentes formes en Jamaïque. Il y a la violence entre gangs, historiquement reliés à des partis politiques, qui est née pendant la guerre froide. Mais il y a aussi la violence dans les familles. Les maris qui tuent leurs femmes, les enfants qui tuent leurs parents. Et ça s’explique par l’esclavage qui existait ici. Les familles étaient séparées pour éviter les rebellions. Hommes d’un côté, femmes de l’autre, enfants encore ailleurs. On les forçait à s’accoupler pour avoir plus de main d’œuvre… La violence est profondément ancrée. Il faut trouver les moyens de la transformer en force positive, peut-être grâce au théâtre ou a la musique.

Pierre, Jamaïcain d’adoption depuis 40 ans

Après cette belle interview, on a repris un taxi pour le quartier de Norman Gardens. On nous avait prévenus que c’est un quartier qui craint, d’ailleurs le taxi n’était pas rassuré à l’idée de s’enfoncer dans ses rues étroites. Mais c’est juste un quartier pauvre comme tous les quartiers pauvres du monde. Les gens n’ont pas grand chose, mais c’est pas pour ça qu’ils ne sont pas accueillants.

En l’occurence, plusieurs personnes nous ont aidé à trouver l’entrée du terrain de Putus, chez qui on avait rendez-vous. United for Jamaica (Unis pour la Jamaïque) y organise toutes les semaines des ateliers pour les gamins du quartier. Au programme : danse, musique, jeux… La recette pour s’évader quelques heures et rêver, pendant que les plus grands fument la ganja.

Après ça, on est rentrés directement à l’hôtel pour se reposer ou travailler.

Vincent

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