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JournalSaison 4

Les ministères de Nouvelle-Zélande

Aujourd’hui, nous nous levons tôt pour libérer l’espace de la chapelle au siège de Challenge. Les salariés et les volontaires commencent à arriver, ils mènent un évènement dans la pièce où sont installés nos matelas. Nous prenons donc le petit-déjeuner dans cette drôle de maison où des dizaines de personnes vont et viennent, se présentent à nous et repartent. Certains vivent ici, d’autres y travaillent, le siège de l’organisation est dans une grande maison chaleureuse qui donne un air de famille à tous ceux qui l’occupent. Ils nous proposent gentiment de nous déposer en voiture en centre-ville de Wellington, où nous avons rendez-vous au ministère de l’Intérieur avec le Bureau des communautés ethniques.

Nous arrivons dans un bâtiment ultra-moderne, avec de grandes baies vitrées. Les employés du ministère travaillent dans de grands open spaces, on se sent comme au siège de Coexister version 10x plus spacieux. Nous sommes un peu impressionnés, reçus par 6 personnes dans une grande salle de réunion où nous attendent un thé et un petit buffet. Notre rendez-vous doit durer une heure, finalement nous sommes restés presque le double. Les agents du ministère ne sont pas en représentation, ne nous reçoivent pas simplement par principe, mais parce qu’ils ont des conseils à nous demander. C’est vraiment un échange de bonnes pratiques, un partage de compétences. Quel plaisir pour nous qui sommes habitués à toujours devoir légitimer notre position et nos actions, parce que nous sommes jeunes et que la plupart des acteurs institutionnels ne nous prennent donc pas au sérieux de prime abord. Mais encore une fois, la Nouvelle-Zélande nous offre une bonne surprise ! Et ce n’est pas fini.

Je suis épatée de voir que la première de leurs remarques concerne la présence d’une non-croyante dans notre équipe : “c’est un chantier sur lequel on commence à peine à se pencher, le rapprochement entre les croyants et non-croyants, les religieux et ceux qui n’ont pas cette appartenance”. En Nouvelle-Zélande, il y a près de 50% de non-croyants, bien plus que dans tous les pays que nous avons traversés, on se rapproche donc de certains enjeux que nous connaissons en France. Mais la proportion d’acteurs de l’interreligieux qui s’interrogent sur cette question et qui ont une vraie volonté d’ouvrir le dialogue avec les athées et agnostiques est encore très faible. C’est une position très progressiste, et je suis vraiment surprise de la voir venir d’un organe gouvernemental.

Ma surprise continue lorsqu’un des membres du bureau nous demande si nous nous questionnons, à Coexister et dans InterFaith Tour, sur l’intersectionnalité. Ils ont déjà compris que l’interreligieux ne peut pas être déconnecté des questions ethniques, sociales, de genre, environnementales, etc. C’est une question à la fois complexe et passionnante, que nous rencontrons presque chaque jour dans notre engagement. Le bureau souhaite organiser une conférence nationale sur l’interreligieux l’an prochain, avec des acteurs de toutes les communautés ethniques et religieuses présentes en Nouvelle-Zélande. Pour le détail de leurs autres actions concrètes, ils nous connectent avec leurs collègues de Christchurch, que nous rencontrerons la semaine prochaine. Nous sortons de ce rendez-vous ravis et toujours plus conquis par ce gouvernement néo-zélandais. C’est le premier pays où nous avons interviewé des acteurs à des échelles si différentes, associatifs, militants, universitaires, institutionnels, et où tous nous ont parlé du gouvernement comme un véritable allié dans le développement de pratiques interreligieuses, et pas un obstacle. Je sens que cela fait vraiment une différence énorme, de ne pas sentir un plafond politique qui restreint toujours ses actions.

Nous enchaînons avec un déjeuner dans un super bar à salade avec patates douces et avocats sous toutes leurs formes. Puis nous cherchons un café pour travailler, et nous en trouvons un en bord de mer, dans lequel travaille encore une Française ! Nous y passons 3 heures, et je fais une petite pause pour aller m’asseoir sur le port de Wellington et regarder les mouettes. Je retrouve les autres, et nous prenons le train pour rentrer dans notre maison au siège de Challenge. Encore une fois, le trajet est magnifique et les rails du train sillonnent au bord de l’eau. Au retour, Vincent passe plus d’une heure en cuisine pour nous concocter un super plat végétarien, et nous essayons de nous mettre d’accord sur un film à regarder. Finalement, il est trop tard au moment de le mettre et nous allons nous coucher, partie remise !

Adèle

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