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Réclamer la justice comme pré-requis à la paix – Grace

Son portrait

Grace a 60 ans. Elle a grandi au Costa Rica en tant que protestante dans un pays majoritairement catholique et a été élevée dans un foyer féministe même si sa mère ne s’est jamais définie comme telle. Elle est fière de faire partie d’une lignée de femmes leaders dans leur domaine. Grace étudie l’anthropologie à l’université aux États-Unis où elle a rencontré son mari. Le couple s’installe ensuite pour quelques années aux Philippines où elle découvre la grandeur de ce qui l’entoure et l’importance du travail pour plus de justice. Elle comprend les mécanismes systémiques des injustices, spécifiquement à l’égard des femmes, et ça a changé sa vie. Grace observe alors la force de résilience des femmes ainsi que le sens de la communauté. Elle effectue un doctorat en urbanisme pour aider les personnes qui vivent sur le terrain à porter leurs voix face aux personnes de pouvoir.Grace nous a confié qu’il fallait s’assurer de soutenir nos voix en tant que femmes dans tous les espaces : quand l’une de nous a une idée, il faut la répéter et appuyer le crédit à la première femme qui l’a énoncée.

Grace a 60 ans. Elle a grandi au Costa Rica en tant que protestante dans un pays majoritairement catholique et a été élevée dans un foyer féministe même si sa mère ne s’est jamais définie comme telle. Elle est fière de faire partie d’une lignée de femmes leaders dans leur domaine. Grace étudie l’anthropologie à l’université aux États-Unis où elle a rencontré son mari. Le couple s’installe ensuite pour quelques années aux Philippines où elle découvre la grandeur de ce qui l’entoure et l’importance du travail pour plus de justice. Elle comprend les mécanismes systémiques des injustices, spécifiquement à l’égard des femmes, et ça a changé sa vie. Grace observe alors la force de résilience des femmes ainsi que le sens de la communauté. Elle effectue un doctorat en urbanisme pour aider les personnes qui vivent sur le terrain à porter leurs voix face aux personnes de pouvoir.Grace nous a confié qu’il fallait s’assurer de soutenir nos voix en tant que femmes dans tous les espaces : quand l’une de nous a une idée, il faut la répéter et appuyer le crédit à la première femme qui l’a énoncée. Sur les panels de discussions, elle a toujours des noms de femmes qualifiées à proposer.C’est une femme passionnée et passionnante, profondément engagée pour plus de justice, de manière radicale. Son militantisme nous a énormément inspirées. On s’est toutes dit que si on est comme elle a 60 ans, on aura réussi quelque chose dans nos vies !

« Pour aimer une personne, tu dois connaître la personne, tu dois voir l’autre. Le révérend disait toujours qu’un enfant américain n’est pas plus important qu’un ami irakien. »

Sur les panels de discussions, elle a toujours des noms de femmes qualifiées à proposer. C’est une femme passionnée et passionnante, profondément engagée pour plus de justice, de manière radicale. Son militantisme nous a énormément inspirées. On s’est toutes dit que si on est comme elle a 60 ans, on aura réussi quelque chose dans nos vies !

L’organisation

On a eu la chance de rencontrer l’incroyable Grace de Interfaith Communities United for Justice and Peace (ICUJP) (= les communautés interreligieuses unies pour la justice et la paix).Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, le prêtre Georges Rigas, déjà engagé dans les mouvements antinucléaires, décide de réunir très vite les membres de sa communauté et au-delà. Selon lui, l’ONU et les États-Unis allaient forcément apporter une réponse peu ajustée ou guerrière. Il a donc proposé que les communautés religieuses écrivent un communiqué « contre la guerre » et organisent une manifestation qui a réuni près de 700 personnes. Parmi elles, 50 militant·es ont décidé de continuer à s’engager et c’est comme ça que ICUJP fut créée. ICUJP est aujourd’hui une coalition qui réunit des personnes de différentes convictions qui ne font pas nécessairement partie du clergé mais qui sont très investies au sein de leur communauté. Pour ses membres, il ne peut y avoir de paix sans justice et il est nécessaire de se lever contre les structures de pouvoir.

L’organisation a 4 principes :

  • le pouvoir de l’amour pour vaincre la haine
  • le pouvoir de la miséricorde pour vaincre la vengeance
  • la célébration de notre humanité commune et du caractère sacré de la vie humaine
  • la vocation à construire un monde juste, équitable et pacifique

Les membres se réunissent tous les vendredis matins de 7h à 9h depuis 20 ans. Chaque action suit le processus suivant : un·e membre propose de s’intéresser à une situation d’injustice, l’organisation met en place des rencontres avec des universitaires pour avoir plus de connaissances sur le sujet et puis ils et elles mettent en place diverses actions de plaidoyer (manifestations, activisme, communiqués, pressions politiques). En ce moment, leur projet phare est de s’attaquer à la prison Guantanamo et de demander sa fermeture définitive.

Sa vision et ses conseils

Grace a une vision très radicale de l’interreligieux, de la paix et de la justice, et nous a fait beaucoup réfléchir sur le militantisme aujourd’hui. Pour elle, le dialogue et la rencontre ne peuvent se faire que si on sort complètement de notre zone de confort : ça doit être difficile, pas facile. La rencontre doit être totale ! On a beaucoup discuté de l’intergénérationnel ensemble. Si l’association a du mal à se renouveler, sa vision des liens entre les générations nous a beaucoup touchée. Elle considère que notre génération doit demander à sa génération de prendre ses responsabilités sur l’état du monde dans lequel on vit. C’était beau de voir son engagement et la conscience qu’elle a des enjeux. Une autre pratique qu’elle nous a partagée concerne le fait de systématiquement chercher ce que disent les textes religieux à propos des défis que l’association aborde pour que chaque membre puisse identifier les raisons spirituelles de son engagement !Enfin, sa vision de la paix est très liée à la notion d’allié·e. Pour Grace, la paix, c’est « savoir que tu es près de moi ». Il est absolument nécessaire de lutter pour plus de justice et surtout de faire en sorte que les personnes vivant des injustices sachent qu’elles ne sont pas seules.

Her portrait

Grace is 60 years old. She grew up in Costa Rica as a Protestant in a predominantly Catholic country and was raised in a feminist household even though her mother never defined herself as such. She is proud to be part of a line of women leaders in their field. Grace studied anthropology at university in the United States where she met her husband. The couple then moved to the Philippines for a few years where she discovered the grandeur of her surroundings and the importance of working for more justice. She understands the systemic mechanisms of injustice, specifically against women, and it changed her life. Grace observes the strength of women’s resilience and sense of community. She is doing a PhD in urban planning to help people on the ground carry their voices to those in power. Grace shared that we need to make sure we support our voices as women in all spaces: when one of us has an idea, we need to repeat it and support the credit to the first woman who stated it. On panel discussions, she always has names of qualified women to offer.She is a passionate and exciting woman, deeply committed to more justice, in a radical way. Her activism inspired us tremendously. We all said to ourselves that if we are like her at 60, we will have achieved something in our lives!

« To love somebody you have to know somebody, you have to see the other. The reverend was alway saying : an American child is not more important than an Iraqi friend. »

Her organization

We were lucky enough to meet the amazing Grace of Interfaith Communities United for Justice and Peace (ICUJP) (= interfaith communities united for justice and peace).In the aftermath of the September 11, 2001 attacks, priest Georges Rigas, who was already involved in the anti-nuclear movements, decided to quickly bring together members of his community and beyond. In his view, the UN and the United States were bound to come up with an ill-fitting or warlike response. So he proposed that the religious communities write a statement « against the war » and organize a demonstration that brought together nearly 700 people. Among them, 50 activists decided to continue to be involved and that’s how ICUJP was created. ICUJP is today a coalition that brings together people of different convictions who are not necessarily part of the clergy but who are very invested in their community. For its members, there can be no peace without justice and it is necessary to stand up against power structures. The organization has 4 principles:

  • the power of love to overcome hate
  • the power of mercy to overcome revenge
  • the celebration of our common humanity and the sanctity of human life
  • the vocation to build a just, equitable and peaceful world

Members have been meeting every Friday morning from 7:00-9:00 am for the past 20 years. Each action follows the following process: a member proposes to address a situation of injustice, the organization sets up meetings with academics to gain more knowledge on the topic and then they set up various advocacy actions (demonstrations, activism, press releases, political lobbying). At the moment, their flagship project is to attack the Guantanamo prison and demand its definitive closure.

Her vision and her advices

Grace has a very radical vision of interfaith, peace and justice, and made us think a lot about activism today. For her, dialogue and encounter can only happen if we step completely out of our comfort zone: it has to be hard, not easy. The encounter has to be total! There was a lot of discussion about intergenerational together. While the association is struggling with renewal, her vision of intergenerational connections really resonated with us. She considers that our generation must ask her generation to take responsibility for the state of the world we live in. It was beautiful to see her commitment and awareness of the issues. Another practice she shared with us is about systematically looking up what religious texts say about the challenges the association is addressing so that each member can identify the spiritual reasons for their commitment! Finally, her vision of peace is very much tied to the notion of allies. For Grace, peace is « knowing that you are near me ». It is absolutely necessary to fight for more justice and especially to make sure that people experiencing injustice know that they are not alone.

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